L’Académie Goncourt retire “C’était ça ou mourir” de Thélyson Orélien de sa sélection

L’Académie Goncourt retire “C’était ça ou mourir” de Thélyson Orélien de sa sélection

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L’Académie Goncourt a annoncé ce vendredi 25 septembre le retrait du roman de Thélyson Orélien de sa première sélection pour le prix Goncourt 2026. L’institution justifie sa décision par les accusations de plagiat visant l’auteur ainsi que par les analyses consacrées à un possible recours à l’intelligence artificielle.

Nouveau rebondissement dans la controverse autour de “C’était ça ou mourir”. Quelques jours après les accusations visant Thélyson Orélien, l’Académie Goncourt a décidé d’écarter son roman, publié aux éditions Grasset, de sa première sélection pour le prix Goncourt 2026. La décision a été rendue publique ce vendredi 25 septembre dans un communiqué de l’institution.

Dans sa note, l’Académie évoque d’abord les accusations de plagiat récemment formulées à l’encontre de l’écrivain. Elle fait également référence aux différentes analyses portant sur l’utilisation présumée de l’intelligence artificielle dans la rédaction du roman. L’institution estime que les éléments dont elle dit avoir pris connaissance convergent suffisamment pour justifier le retrait du livre.

« L’Académie Goncourt, compte tenu des plagiats dont son auteur s’est rendu coupable au fil du temps et qui viennent d’être révélés, ainsi que du résultat convergent de plusieurs analyses de chercheurs et journalistes dignes de foi… »

Poursuivant son communiqué, l’Académie affirme que C’était ça ou mourir est « selon toute vraisemblance très largement le produit d’une Intelligence Artificielle ». C’est sur cette base qu’elle indique avoir décidé de supprimer le titre de sa première liste.

Thélyson Orélien au coeur d’une polémique autour de l’intelligence artificielle

Cette décision intervient alors que Thélyson Orélien conteste les accusations d’avoir utilisé l’IA pour écrire son roman. L’auteur avait notamment déclaré être en train de constituer, avec ses éditeurs, un dossier destiné à documenter son processus d’écriture. Le résultat des outils de détection utilisés dans l’affaire ne constitue par ailleurs pas, à lui seul, une preuve directe du processus de rédaction. Le Monde avait notamment souligné les limites méthodologiques de ces outils dans son enquête sur le sujet.

L’Académie Goncourt affirme néanmoins vouloir envoyer un message clair au-delà de sa propre sélection. Elle cite notamment les participants au Goncourt des Lycéens, au Goncourt des Détenus ainsi que les nombreux Choix Goncourt organisés à l’étranger.

« Ce choix est dicté par la volonté de préserver l’intégrité du prix Goncourt, celle de l’Académie, dont le rôle central consiste à promouvoir et couronner la littérature écrite par des femmes et des hommes ».

L’institution précise également sa position concernant les textes produits avec l’aide de l’intelligence artificielle : « Nous ne cautionnons ni n’adoubons d’une façon ou d’une autre la création de textes générés avec l’aide de l’IA ».

L’affaire prend ainsi une nouvelle dimension dans le paysage littéraire français. Quelques jours auparavant, “C’était ça ou mourir” figurait encore parmi les romans retenus pour la première sélection du prix Goncourt 2026. Le livre avait également remporté le Prix du Roman Fnac 2026, dans un contexte de forte attention médiatique autour de son auteur.

L’Académie Goncourt indique qu’elle ne fera pas d’autre commentaire sur cette décision pour le moment. Sa deuxième sélection sera rendue publique le 6 octobre 2026.

Une décision qui ne clôt pas la controverse

Le retrait du roman constitue une décision institutionnelle importante, mais il ne règle pas à lui seul la question de savoir dans quelles conditions “C’était ça ou mourir” a été écrit. Thélyson Orélien continue de nier avoir eu recours à l’IA pour rédiger son ouvrage, tandis que les accusations de plagiat et les analyses techniques sont désormais au coeur du débat.

L’affaire pose ainsi une question qui dépasse le seul cas de l’écrivain canado-haïtien : à l’heure où l’intelligence artificielle s’installe progressivement dans les pratiques d’écriture, comment et où faut-il désormais placer la frontière entre l’écriture humaine et la création assistée par une machine ? Pour l’heure, l’Académie Goncourt a choisi de se retirer du débat sur la preuve et de prendre une décision au regard des éléments qu’elle considère comme convergents.

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Oggi Regis

Fondateur & PDG de Bèlide Magazine | Brand Designer

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