David Badia brandissant son point après le troisième but face au Trinidad & Tobago (24 Septembre 2026) © CONCACAF
Le poing de David Badia, le cri d’une première victoire
Au terme d’un match longtemps indécis et particulièrement difficile, Haïti a renversé Trinidad & Tobago (3-2) dans un scénario complètement fou. Et au moment où Wilson Isidor a inscrit le but de la victoire à la 90e+8, une image de David Badia, poing brandi, est venue symboliser toute la tension et l’attente qui entouraient la première sortie officielle du technicien espagnol à la tête des Grenadiers.
Il y a des victoires qui racontent davantage qu’un simple résultat. Celle obtenue ce jeudi soir au Sabina Park de Kingston, en Jamaïque, appartient clairement à cette catégorie. Pour la première de David Badia sur le banc haïtien, les Grenadiers ont longtemps semblé devoir se contenter d’un résultat nul, voire subir une défaite après avoir pourtant ouvert le score. Fafà Picault avait donné l’avantage à Haïti à la 23e minute, avant que Wayne Frederick n’égalise huit minutes plus tard. Levi García a ensuite permis aux Trinidadiens de prendre les devants à la 59e minute.
Mais le scénario allait basculer dans les dernières minutes.
Cette image qui raconte tout
C’est justement après ce troisième but qu’une photo de David Badia a particulièrement retenu l’attention.
Vu de profil, le sélectionneur espagnol apparaît poing brandi, comme pris par l’instant. Une image qui, au-delà de la célébration, semble raconter la tension accumulée pendant cette rencontre et l’importance de cette première victoire.

Difficile, évidemment, de connaître précisément ce qui traversait l’esprit du technicien à cet instant. Mais dans le contexte de cette soirée, ce poing levé peut être lu comme le symbole d’un soulagement immense : celui d’un entraîneur qui attendait de voir son premier match officiel se terminer par une victoire et qui la voit finalement surgir au bout du temps additionnel.
Et quelle victoire ?! Coup d’oeil sur les chiffres de la rencontre
Badia avait promis une équipe courageuse et offensive lors de sa présentation à la tête des Grenadiers. Face à Trinidad & Tobago, son équipe a effectivement montré une capacité à continuer d’y croire alors qu’elle était menée 2-1 et que le temps semblait manquer.
Haïti a dominé dans les chiffres… mais pas dans la tranquillité. Les statistiques de la rencontre permettent de mieux comprendre le paradoxe de ce succès.
En effet, Haïti a largement contrôlé le ballon avec 69% de possession contre 31% pour Trinidad & Tobago. Les Grenadiers ont également nettement dominé au nombre de passes : 570 contre 268, avec 520 passes réussies, soit 91% de réussite, contre 219 pour les Soca Warriors, soit 82%.
La domination haïtienne a aussi été visible dans la construction du jeu. Les Grenadiers ont réalisé 312 passes dans le camp adverse, contre seulement 46 pour Trinidad & Tobago. Ils ont également touché 43 ballons dans la surface adverse, contre 14 pour leurs adversaires.
Du côté des tirs, au total, Haïti en a tenté 21, contre 11 pour Trinidad & Tobago, dont 8 cadrés contre 5. Les Grenadiers ont également obtenu 13 tirs depuis l’intérieur de la surface, contre 8 pour les Trinidadiens.
Pourtant, cette supériorité statistique ne s’est pas traduite par une rencontre facile. Trinidad & Tobago a été beaucoup plus présent dans les phases défensives : 39 dégagements contre seulement 9 pour Haïti, tandis que les Soca Warriors ont également réalisé davantage d’interceptions et de blocages.
Autrement dit, Haïti avait le ballon, construisait davantage et attaquait plus souvent, mais devait composer avec un adversaire capable de défendre bas et de rendre chaque occasion difficile à concrétiser.
Isidor, l’homme des trois buts
Au milieu de ces chiffres, un nom ressort naturellement : Wilson Isidor.
L’attaquant haïtien a été impliqué dans les trois buts de son équipe. Il a d’abord servi Fafà Picault pour l’ouverture du score, avant de délivrer la passe décisive à Metusala pour l’égalisation. Puis il a terminé lui-même le travail avec ce but de la 90e+8.
Une performance qui explique également sa présence en tête de la notation individuelle de la rencontre, avec une note de 8.9, devant Metusala (8.3) et le Trinidadien Wayne Frederick (8.2).
Derrière lui, Metusala a également pesé dans le match, notamment avec ses 97 passes réussies, le meilleur total de la rencontre. Hannes Delcroix en a réussi 88.
Une victoire qui dépasse les trois points
Ce succès ne gomme évidemment pas toutes les difficultés aperçues durant la rencontre. Haïti a concédé deux buts et a dû attendre les toutes dernières secondes pour arracher les trois points. Mais c’est précisément ce qui donne à cette victoire sa dimension particulière.
Pour la première rencontre officielle de David Badia, les Grenadiers ont connu pratiquement tous les scénarios possibles : une ouverture du score, une égalisation adverse, un but encaissé après la pause, une longue période à courir derrière le résultat, puis deux buts dans le temps additionnel pour renverser complètement la situation.
From behind to victory: Les Grenadiers get it done 🇭🇹 pic.twitter.com/hXiayi8lPI
— Concacaf Nations League (@CNationsLeague) September 25, 2026
Et au milieu de cette folie, le poing de David Badia restera peut-être comme l’une des images fortes de cette première soirée. Un geste qui, sans prétendre traduire à lui seul les pensées du sélectionneur, résume parfaitement la tension, le soulagement et l’émotion d’une première victoire que les Grenadiers sont allés chercher jusqu’à la dernière seconde.
Badia voulait commencer son aventure par une victoire. Isidor lui en a offert une qu’il n’oubliera probablement pas de si tôt. Nous serons de retour ce dimanche contre le Costa Rica.

