L’influence des médias et des réseaux sociaux : quand le virtuel redéfinit notre perception de la sexualité

L’influence des médias et des réseaux sociaux : quand le virtuel redéfinit notre perception de la sexualité

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Aujourd’hui, on ne se courtise plus sous un manguier ou sur un banc de place publique. Tout se joue dans les DM ou sous une vidéo virale. Mais attention, à force de scroller, on finit par oublier que la vie intime n’est pas un challenge TikTok. Entre l’hypersexualisation des contenus et les nouveaux standards de “perfection”, lesréseaux sociaux sont en train de chambouler totalement notre perception de la sexualité. « Bagay yo melanje nèt ! »

Le mirage du “Bèl Kò” et du “Lifestyle”

Sur les plateformes sociales, notamment au sein de la communauté haïtienne sur TikTok, on voit défiler des corps sculptés, des tenues provocantes et des chorégraphies qui ne laissent que peu de place à l’imaginaire. Quand on voit des créatrices de contenu, des influenceuses populaires qui misent énormément sur l’esthétique du corps, cela crée une pression énorme chez les jeunes filles. Elles pensent que pour être désirables, il faut ressembler à ces images filtrées. « Si w pa gen fòm, ou pa nan jwèt la ». Cette course au “m’as-tu-vu” transforme la sexualité en une simple vitrine de magasin où l’image compte plus que le ressenti.

D’un côté, on ne peut pas nier que les réseaux ont brisé de vieux tabous. On parle enfin de plaisir, de protection et de droits. Mais d’un autre côté, la frontière entre l’intime et le public est devenue floue. Par exemple, on voit des influenceurs qui exposent leurs ruptures ou leurs moments intimes pour faire du “buzz”. « Tout bagay lage nan lari ». Cette mise en scène constante de la vie privée banalise la sexualité, la rendant parfois mécanique, comme si tout était à vendre ou à montrer.

L’influence des médias va jusqu’à modifier ce que l’on attend de l’autre. On veut un partenaire qui ressemble aux modèles des clips ou aux “couples goals” qu’on voit passer sur nos écrans. On cherche le “perfect match” mais on oublie que dans la vraie vie, « sak vid pa kanpe ». La réalité de la vie de couple en Haïti, avec ses défis économiques et sociaux, se cogne brutalement contre ce monde imaginaire où tout semble facile et luxueux.

“Chache kò n” avant de nous perdre

Il est temps de se poser les bonnes questions. Est-ce que ce que nous voyons sur nos écrans nous aide à mieux nous connaître ou est-ce que cela nous enfonce dans des complexes ? La sexualité est une affaire de respect, de communication et de pudeur aussi. On ne peut pas laisser un algorithme décider de ce qui est beau ou de ce qui est permis. « Piga nou pèdi nan wout » en voulant copier des modèles qui ne nous ressemblent pas.

En fin de compte, la vraie révolution, ce n’est pas d’avoir 10 000 vues sur une vidéo osée, c’est d’être capable de construire une relation saine, loin des caméras, où le respect de soi passe avant le nombre de partages.

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Jemima R. Joseph

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