Drame en Haïti : Destruction du Jardin botanique des Cayes
Le Jardin botanique des Cayes, patrimoine écologique situé dans le Sud d’Haïti, a récemment subi des dégâts majeurs après la destruction de nombreuses plantes endémiques, transformées en charbon de bois, une information annoncée par l’agronome William Cinéa. Créé en 2003 par ce dernier, cet espace était l’un des principaux sites de conservation du pays, abritant des centaines d’espèces végétales, dont certaines rares et uniques au territoire haïtien.
Selon une publication sur le site officiel dudit jardin, des individus, agissant sur ordre de l’épouse de l’héritier – fils de Mme Laurette Milard Gérard -, se sont introduits sur les lieux en sa présence, accompagnés de certains membres des forces de l’ordre, dont des policiers et des avocats. Ils ont interdit au personnel d’accéder au jardin, avant d’abattre plusieurs arbres puis de les brûler afin de produire du charbon, une source d’énergie encore largement utilisée en Haïti. Cette activité a entraîné la perte directe d’espèces protégées, patiemment collectées et préservées au fil des années grâce à un travail scientifique rigoureux. Il ne s’agit pas d’une catastrophe naturelle, mais bien d’un acte humain, lié à des pressions économiques et à une absence de contrôle sur le site.
Au-delà de sa fonction de recherche, le Jardin botanique des Cayes représentait un outil essentiel pour la préservation de la biodiversité et l’éducation environnementale. Aujourd’hui, avec la disparition d’une partie de ses plantes endémiques, ce sont des années d’efforts de conservation qui s’effondrent, soulevant de sérieuses inquiétudes quant à l’avenir des espaces naturels protégés en Haïti.
Ce drame interpelle d’abord l’État haïtien, appelé à assumer pleinement son rôle dans la protection du patrimoine environnemental, en renforçant les mécanismes de sécurité, de régulation et de valorisation de ces espaces. Mais la responsabilité ne peut s’arrêter là. Elle est aussi individuelle, collective et profondément citoyenne. Chaque Haïtien est concerné par la survie de ce qui constitue l’âme écologique du pays.
À l’heure où les regards – notamment africains – se tournent vers Haïti après les sacres d’Ariana au House Of Challenge et d’Abigaïl à Eloquentia, cette tragédie vient rappeler une vérité essentielle : le rayonnement d’une nation ne se mesure pas uniquement à ses victoires symboliques, mais aussi à sa capacité à protéger ses richesses les plus fondamentales. Entre fierté internationale et responsabilités locales, Haïti est aujourd’hui face à elle-même.

