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Comment je suis vu(e) parce que je porte un chevillet ?!

Chevillet-via-CDiscount-AllureZen

Pour nous autres qui observons et cherchons à comprendre les faits, de par leur provenance et leur progression, il est aisé de remarquer que chaque phénomène a son chemin dans la société haïtienne. Et ces chemins sont forts souvent controversés.

Si au cours de recherches théoriques il a été bien dit auparavant que porter un bijou de cheville est tout sauf dévalorisant de nature ; et bien il est opportun de révéler que par expériences pratiques, ceux qui le portent en Haïti sont jaugés de haut, pour ne pas dire mal jugés.

Comment je suis vu(e) parce que je porte un chevillet ?

“Pour moi qui adore les bijoux, j’en mets par pur plaisir. Je trouve que ça fait fashion et ça embellit le pied. Cependant, ma famille, étant majoritairement chrétienne et tenant compte de l’avis sociétal, ils n’adhèrent pas trop à mon point de vue. Mon Père trouve que c’est de la pure folie, ma mère dit «ke m twò eklere» et d’autres gens clament que «se bouzen ak madivin ki mete bagay sa»”. (Jeune étudiante en Sciences Juridiques)

“Moi j’en porte parce que je trouve que ça fait ressortir un grand trait d’esthétique en moi. C’était complètement involontaire la première fois, mais une fois porté, j’ai trouvé que ce serait un plus à mon apparence choyée donc je me suis lancé. Quand je vivais en Haïti, j’étais carrément pris pour un malade, ou plutôt un garçon qui en faisait vraiment trop. Et pourquoi pas un gay ; or je ne le suis pas. Pourtant, une fois rendu à Saint-Domingue, partout où je le portais, rien d’anormal n’y faisait. Je me sentais beaucoup plus dans mon élément et surtout accepté. Ce fut une autre réalité”. (Jeune haïtien résidant en République Dominicaine)

“Moi je n’en mets que lors de sorties entre amis. Mes parents n’y trouvent rien à redire, mais j’ai plutôt peur des dires d’autrui, donc je m’en limite. Mais personnellement après recherches je sais que ce n’est pas mauvais”. (Jeune étudiante en informatique/jeune finissante en économie)

“Moi j’adore et je trouve que ça donne de la valeur à tout ton ensemble. La plupart des gens me trouvent bizarre et osée quand j’en porte”. (Jeune dentiste)

Il n’est donc pas sorcier de préciser que la société haïtienne prête un mauvais œil à la tendance de porter un chevillet. Mais si avant, les gens se ravisent d’en porter, à présent malgré sordides commentaires ils n’en n’ont pas care. Qu’il soit jeune fille, jeune garçon, marié, célibataire, hétéro, homo, rédactrice, étudiant, travailleur social et autres, ils tiennent à peu près le même refrain : “J’en mets, j’en remets et j’en mettrai encore, les gens auront beau dire. Je le fais pour moi parce que ça me plaît et que je trouve que ça me va. Les haïtiens sont réputés pour médire de tout sans chercher à mieux s’informer et comprendre”.

D’autres par ailleurs se renfrognant un peu mais trouvent que ce n’est pas normal de vivre au dépend des commentaires d’autrui sur leurs goûts : “j’en mets là où je sais que je ne serai pas critiquée”, rapporte une jeune bisexuelle !

Devrait-il en être ainsi ? Si la nature même de la chose ne détient pas toute cette ampleur, pourquoi nous lui en donnons autant ?

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