Culture

« Célibataire », men m p ap jape

"Célibataire", men m p ap jape

Ma mère me dit toujours que l’amour est comme ces bonnes vieilles parties de poker. Certains ne l’admettront jamais mais il reste un fait que tout le monde veut gagner. Et sur la table faisant fi d’arène, tous les joueurs y passent, tous les visages et les masques veulent avoir l’AS qui tue et consolide leur victoire.

Faux-semblants, triches, ruses, victoires dûment méritées, tout se mêle dans un imbroglio où l’essentiel est de montrer à tous que dans la multitude de spectateurs-joueurs, il y en a un qui nous accompagne. Oui, « être en couple » devient la norme, à un certain âge ou à un niveau et partout on nous présente le modèle de « Célibataire désespéré » cherchant vainement l’amour, d’où le slogan « Jape ». Toute opportunité est à prendre pour montrer que ce statut est la pire chose qui puisse arriver à quelqu’un, un temps « plumatique », un baiser étalé sur les réseaux sociaux « Fake ou pas » qui aura certainement en caption « Selibatè yo, kòman n santi n ? », « Vin jape anba post la », et j’en passe.

Mais ce que vous ne savez pas, chers lecteurs, c’est que le monde du Célibat est encore plus vaste et diversifié que nous ne le pensons. Comme une liste où vous pouvez figurer sans le savoir, un état que vous pouvez choisir de jouir ou de subir. Ne vous méprenez pas, je vous parle en connaissance de cause car j’y ai roulé ma bosse assez longtemps et en ai rencontré de tout acabit. Vous en voulez un topo ?

Sur les plus de cent millions de célibataires recensés il y a quelques années dont le nombre ne fait qu’augmenter de jour en jour, nous avons d’abord le Célibataire triste-déséspéré, tellement malchanceux en amour qu’il prend d’ailleurs pour le seul moyen d’être heureux. Ce qui le pousse parfois, soit à avoir une attitude de « Jiskobou n ap goumen », soit il s’avoue vaincu tout en se prenant pour un damné. À côté nous avons la team « célibataires endurcis », qui choisissent quant à eux leur situation. Les relations ne leur importent pas et ils font tout pour en sortir. Mauvaises expériences personnelles ou environnantes les éloignent du chemin de l’amour ou cela ne les intéresse tout simplement pas. En face, nous avons les « célibataires situationnels » qui ne peuvent donner une réponse positive à la question « Ou gen mennaj ? » mais aussi leurs homologues « Célibataires qui s’ignorent » qui peinent à se rendre compte que « relasyon an kite mòg pou l al nan simityè deja ». Et là encore c’est une décantation non affinée. On pourrait avoir des dizaines de sous-groupes parmi ces classes. Tout cela pour vous faire comprendre que ce ne sont pas tous les célibataires « k ap jape ».

Pardonnez ma sélectivité mais je m’attarderai beaucoup plus sur la catégorie allant de triste à désespéré. Vous devez savoir que sortir de cette spirale nécessite un vrai travail sur soi. Cela passera par sortir de l’idée que vous ne serez heureux qu’en étant en couple car c’est également cette façon de penser qui va vous faire perdurer dans des relations toxiques que vous ne désirez plus et c’est encore celle-ci qui va vous faire foncer tête la première dans d’autres sans véritable amour ni connection. Vous êtes si pressés de sortir de cet état que vous avez vous même diabolisé que vous ne prenez pas votre temps pour savoir ce que vous voulez réellement et hop! L’aventure « Célibat-relation toxique-celibat » reprend. Durant cette étape que vous avez pour vous, sortez avec vos amis, rencontrez des personnes et, plus encore, découvrez de nouveaux centres d’intérêts qui vous permettront de vous épanouir. Par dessus-tout, prenez le temps de savoir ce que vous cherchez réellement chez un partenaire. Sortez de cette mentalité « sa m jwenn mwen pran » pour échapper au célibat qui vous y mènera de toute façon. Commencez par « bese triye » et si vous ne trouvez pas chaussure à votre pied, n’hésitez pas à refaire le tri. Ceci est aussi valable pour vous messieurs car derrière votre apparence de gros durs vous cachez beaucoup de « Célibataires tristes-désespérés ».

À ceux qui sont endurcis ou situationnels, je vous dirais que vous avez le choix. Si c’est ce qui vous convient, alors foncez. “Aux célibataires qui s’ignorent », je ne peux qu’emprunter les mots de notre ministre pour leur dire « Ouvè je nou ».

Le célibat a beaucoup de nuances allant de « complètement épanoui » à « quasi ou totalement désespéré » et c’est votre façon de le concevoir qui déterminera laquelle il vous présentera. Ohhh, j’allais oublier mon dernier conseil pour la majorité. Avant de taguer un célibataire sous un post, assurez-vous qu’il est réellement dans cette catégorie. Mais au fond, ne sommes-nous pas tous célibataires ? À moins que vous soyez mariés ou fiancés, votre statut est aussi « Célibataire » même avec 10 copains (ines). Disons que vous faites partie des « célibataires sur papier ». Lol. Sur ce, je vous laisse avec ces derniers mots : « Nous sommes en janvier 2023. Juste pour nous rappeler que nous pouvons être entiers en étant célibataires. De toute façon, quel que soit votre statut, vivez à fond et soyez heureux. C’est tout ce qui compte ».

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"Èks k ap bay pwoblèm" par Sterline VERTILUS
“Je t’ai vu claironner que j’étais ton pire cauchemar et qu’entre me sortir du pétrin et m’y enfoncer tu choisirais volontiers la seconde option. Tu me hais plus que tout, je me demande pourquoi. Serais-je l’ex de ta vie ? Mais alors que tu clames haut et fort “Aba èks yo”, moi je peine à me trouver quelqu’un. la cause ? ‘Mwen pase 15 mennaj’”. https://belidemag.net/eks-k-ap-bay-pwoblem/

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