Journée mondiale des compétences des jeunes : investir dans le capital humain pour un développement durable
La Journée mondiale des compétences des jeunes a été proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 18 décembre 2014, par la résolution A/RES/69/145, qui a officiellement désigné le 15 juillet comme date de célébration annuelle. À cette occasion, la communauté internationale est invitée à sensibiliser les États, les établissements d’enseignement, le secteur privé et la société civile à l’importance stratégique du développement des compétences des jeunes. Cette initiative s’inscrit dans la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), notamment l’ODD 4, consacré à une éducation de qualité, et l’ODD 8, relatif au travail décent et à une croissance économique durable, en reconnaissant que le renforcement des compétences constitue un levier essentiel pour l’insertion professionnelle, l’innovation et le développement des sociétés.
Les compétences regroupent l’ensemble des connaissances, aptitudes techniques, capacités cognitives et qualités comportementales permettant à une personne de s’adapter aux évolutions du marché du travail et de contribuer efficacement au développement économique et social. À l’ère de la transformation numérique, de l’intelligence artificielle, de la transition écologique et de la mondialisation, le développement des compétences constitue un facteur essentiel de compétitivité, d’innovation et de résilience.
Selon les Nations Unies, investir dans les compétences des jeunes ne répond pas uniquement à un objectif d’employabilité. Il s’agit également de favoriser l’inclusion sociale, de réduire les inégalités, de stimuler l’entrepreneuriat, d’encourager l’innovation et de renforcer la participation citoyenne. Une jeunesse qualifiée est davantage en mesure de créer des entreprises, d’intégrer des secteurs à forte valeur ajoutée, de produire des innovations technologiques et de contribuer au renforcement des institutions démocratiques.
À l’échelle internationale, les stratégies diffèrent selon les contextes économiques. En Europe, plusieurs États privilégient les systèmes de formation en alternance, le perfectionnement professionnel et l’adaptation continue des compétences aux besoins du marché. En Amérique du Nord, les investissements dans les technologies, la recherche, l’innovation et les compétences numériques renforcent la compétitivité de la jeunesse. Dans plusieurs pays d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes, malgré des ressources limitées, les politiques publiques cherchent progressivement à améliorer l’accès à la formation professionnelle et à soutenir l’entrepreneuriat des jeunes.
En Haïti, le développement des compétences demeure confronté à des défis structurels majeurs. L’instabilité politique, l’insécurité, la faiblesse des infrastructures éducatives, le chômage élevé et les contraintes économiques limitent considérablement les possibilités de formation et d’insertion professionnelle. Malgré ce contexte, la jeunesse haïtienne continue de démontrer une remarquable capacité d’adaptation. De nombreux jeunes poursuivent leurs études, développent des initiatives entrepreneuriales, s’engagent dans la société civile et contribuent au rayonnement du pays, tant sur le territoire national qu’au sein de la diaspora.
Toutefois, l’absence d’investissements suffisants dans l’éducation, la formation technique, l’innovation et la recherche favorise la migration des talents et prive le pays d’une partie importante de son capital humain. Cette situation rappelle qu’aucune stratégie de développement durable ne peut réussir sans une politique ambitieuse de valorisation des compétences. Alors, à l’occasion de cette Journée mondiale des compétences des jeunes, il faut conclure que le développement d’une nation repose avant tout sur la qualité de son capital humain. Investir dans les compétences des jeunes n’est pas seulement un choix éducatif ou économique ; c’est un impératif stratégique pour construire des sociétés plus prospères, plus inclusives et plus résilientes. En vrai, les jeunes ne constituent pas uniquement les dirigeants de demain, ils sont dès aujourd’hui les principaux acteurs du changement.

