Faute de financement, Haïti rate un rendez-vous historique en Amérique latine
Alors que l’annonce de la participation d’Haïti au 7e Congrès Latino-américain et Caribéen des Cultures Vivantes Communautaires avait suscité fierté et espoir, la réalité a finalement rattrapé cette ambition. Le pays ne prendra malheureusement pas part à cet événement international majeur, prévu du 17 au 26 avril 2026 en Colombie.
Selon une déclaration faite par Magdaline Raphaël à travers une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, l’absence d’Haïti s’explique principalement par un manque de financement pour couvrir les frais de déplacement.
Malgré leur détermination, Magdaline Raphaël et Victoria Onélien ont multiplié les démarches pour rendre ce voyage possible. Elles ont sollicité différentes institutions, partenaires et soutiens potentiels, espérant obtenir l’appui nécessaire. Mais, comme elles l’ont elles-mêmes confié, « toutes les portes sont restées fermées ».
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Une occasion historique manquée
Cette participation devait marquer une première historique pour Haïti. Le pays avait été invité à intégrer ce réseau international de cultures vivantes communautaires, un espace d’échanges, de réflexion et de collaboration autour du rôle de la culture dans la transformation sociale.
La présence haïtienne, portée notamment par Magdaline Raphaël, Victoria Onélien et d’autres acteurs culturels engagés, représentait une opportunité unique de valoriser la richesse culturelle du pays, de renforcer son image à l’international et de créer de nouvelles connexions dans le secteur créatif.
Cette situation met une nouvelle fois en lumière les difficultés structurelles auxquelles font face les acteurs culturels haïtiens. Le manque de financement, l’absence de soutien institutionnel et les obstacles logistiques continuent de freiner la participation du pays à des espaces internationaux pourtant essentiels à son rayonnement.
Au-delà de la déception, cet épisode soulève une question cruciale : comment permettre aux talents haïtiens de représenter dignement leur pays sur la scène mondiale si les moyens ne suivent pas ?
L’absence d’Haïti à ce rendez-vous international ne peut être réduite à une simple question de logistique : elle interpelle directement la responsabilité de l’État haïtien dans l’accompagnement du secteur culturel. À l’heure où la culture constitue un levier essentiel de rayonnement, d’identité et même de diplomatie, le manque de soutien concret aux acteurs engagés révèle un vide préoccupant en matière de politique publique.
Laisser des représentantes déterminées comme Magdaline Raphaël et Victoria Onélien porter seules le poids de telles initiatives, sans appui institutionnel structuré, revient à affaiblir la présence d’Haïti sur la scène internationale. Il devient urgent que les autorités reconnaissent la culture comme une priorité stratégique, en mettant en place des mécanismes de financement et d’accompagnement capables de soutenir efficacement celles et ceux qui font vivre et porter haut les couleurs du pays.
Garder l’espoir malgré tout
Même si cette opportunité n’a pas pu se concrétiser, la mobilisation autour de cette participation témoigne de l’engagement et de la volonté d’une nouvelle génération d’acteurs culturels haïtiens.
Le combat pour une meilleure représentation d’Haïti dans les grandes rencontres internationales ne s’arrête pas ici. Et pour beaucoup, ce rendez-vous manqué pourrait bien devenir un point de départ pour de futures avancées.

