Activités culturelles en Haïti : entre belles promesses et attentes très peu satisfaites

Image générée par l’IA

Activités culturelles en Haïti : entre belles promesses et attentes très peu satisfaites

La fin de l’année 2025, particulièrement le mois de décembre, a été marquée par une succession d’activités culturelles et festives en Haïti. Concerts, soirées et festivals se sont multipliés, offrant au public des moments de divertissement très attendus. Si certains événements ont su respecter les standards annoncés et livrer des expériences mémorables, d’autres, en revanche, n’ont pas été à la hauteur des promesses faites au public. Malgré tout, il convient de saluer les promoteurs qui ont fait l’effort d’offrir des soirées de qualité et de créer des souvenirs inoubliables pour de nombreux participants. Cependant, à travers plusieurs témoignages recueillis, un constat revient avec insistance : le manque de cohérence entre la promesse vendue et l’expérience réellement vécue.

Au-delà de ces réussites, plusieurs plaintes ont émergé, et celles-ci se révèlent, pour la plupart, légitimes. À travers de nombreux témoignages recueillis sur les réseaux sociaux, un même constat revient avec insistance : l’écart grandissant entre ce qui est vendu au public et l’expérience réellement vécue sur place. Cette frustration est d’autant plus marquante que le public haïtien devient de plus en plus exigeant et conscient de la valeur de son argent.

Ainsi, l’un des reproches les plus fréquents concerne la programmation artistique, jugée répétitive et peu innovante. Lorsque plusieurs DJ ou artistes se succèdent sur une même scène pour finalement proposer les mêmes morceaux, le sentiment de lassitude s’installe rapidement. Cette absence de diversité musicale et de créativité donne l’impression que l’effort de renouvellement est mis de côté, sous prétexte que « ce qui fonctionne déjà » suffit. Or, le public réclame aujourd’hui autre chose : surprendre, innover et proposer une véritable expérience musicale, et non une simple répétition de formules déjà usées.

Par ailleurs, des problèmes majeurs liés à l’organisation et à la logistique ont également été soulevés. La survente de billets dans des espaces qui ne peuvent accueillir autant de personnes est une pratique fortement dénoncée. Par exemple, vendre 4000 tickets pour un lieu prévu pour 3000 participants crée non seulement un inconfort généralisé, mais pose aussi de réels risques en matière de sécurité. Dans cette même logique, l’absence de dispositifs de secours adéquats, notamment la mise à disposition d’ambulances lors d’événements de grande envergure, est perçue comme une grave négligence. La sécurité du public ne devrait jamais être optionnelle, mais intégrée dès la conception de l’événement. De plus, la question des packages VIP suscite également de nombreuses critiques. Le public n’a aucun problème à payer plus cher pour une expérience dite « premium ». En revanche, il attend en retour un traitement à la hauteur du prix payé. Être VIP ne devrait pas se limiter à un bracelet ou à un espace surchargé, mais offrir un réel confort, un service distinctif et une considération particulière. À défaut, le sentiment de frustration est inévitable.

En outre, une certaine confusion entoure le format de plusieurs événements. Lorsqu’une activité est présentée comme un festival, le public s’attend à profiter pleinement de chaque artiste, DJ ou groupe invité. Pourtant, de nombreux témoignages dénoncent des performances écourtées, bâclées, voire annulées, donnant l’impression que la quantité prime sur la qualité. Un événement n’a pas besoin d’aligner une multitude de performers pour être réussi ; il doit avant tout permettre au public de vivre pleinement chaque prestation.

Un autre point sensible concerne le traitement réservé à la presse lors de ces activités. Plusieurs professionnels des médias dénoncent un accueil non chaleureux et un manque de considération, alors même que la presse joue un rôle essentiel dans la visibilité, la promotion et la crédibilité des événements. La traiter comme un simple participant est une erreur stratégique qui nuit autant aux médias qu’aux promoteurs eux-mêmes.

En définitive, ces critiques ne visent pas à décourager les acteurs du secteur événementiel, mais à souligner l’évolution d’un public de plus en plus attentif à la qualité de ce qu’on lui propose. Le message est clair : le public haïtien veut s’amuser et prêt à payer, mais il exige en retour du respect, de l’organisation et de l’innovation. À l’aube de 2026, il devient donc urgent de repenser la manière de concevoir les événements culturels dans notre communauté, afin de replacer l’expérience du consommateur, la sécurité et la qualité au cœur de chaque activité. Car au final, le public ne demande qu’une chose : continuer à vibrer, mais avec beaucoup plus de qualité.


À lire aussi : Grande Première de “The Dangerous Seduction” : le cinéma haïtien a brillé au NH El Rancho
Digiqole Ad

Oggi Regis

Fondateur & PDG de Bèlide Magazine | Brand Designer

Related post

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *