« ZOOMONS » sur Miss World Haïti 2026 : « Beauty with a Purpose »… ou « j’ai pas de connexion en fait » !

« ZOOMONS » sur Miss World Haïti 2026 : « Beauty with a Purpose »… ou « j’ai pas de connexion en fait » !

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– Laura : “Je t’invite à la finale de Miss World Haïti ce dimanche !”

– Christelle : “Ah super ! Mais je n’aurai pas le temps d’acheter une robe ?! Je fais comment ?”

– Laura : Ne te tracasse pas, installe toi sur ton canapé, du popcorn, une bonne connexion wifi et ça devrait être bon puisque c’est sur ZOOM !

– Christelle : Tu rigoles j’espère.

– Laura : Passcode : mwh26. !

Non. Personne ne rigolait. Avouons-le : il fallait oser. Et ça, l’équipe de Miss World Haïti 2026 l’a fait, « ils ont osé ». Osé appeler « Finale nationale » une réunion Zoom un dimanche après-midi. Osé envoyer un Meeting ID comme si c’était un carton d’invitation au Palais des Congrès en France ou à El Rancho en Haïti. Osé produire des affiches générées par l’intelligence artificielle, qui soit dit en passant détruit la planète. Et osé couronner une miss devant un public, dans lequel certains spectateurs étaient torse nu. Sous couvert de la « modernisation » peut-être que maintenant, quand on dit événement national, s’habiller reste apparemment optionnel… à méditer !

Rappelons cependant ce qu’est réellement « Miss World ». Depuis 1951, ce concours porte une mission qui s’appelle Beauty with a Purpose. À partir de 1972, ce principe est devenu le thème central du dit concours, présent dans 142 pays, et qui permet fort souvent de lever plus d’un milliard de dollars pour des causes humanitaires. À part leur participation, les représentantes nationales sont activement et fortement encouragées à soutenir des projets concrets dans leur pays d’origine et s’ouvrir à l’extérieur. Elles doivent consacrer du temps et de l’énergie à des initiatives qui font des réelles différences. Une élue Miss World, c’est une ambassadrice construite, encadrée, portée par une organisation sérieuse, accompagnée dans ses préparations sous toutes les coutures proprement.

Sans détour: ce n’est pas ce que nous avons eu !

Pendant deux semaines « sur Instagram » on a suivi dans la foulée la présentation de onze candidates. Sans crier gare on était aux premières loges face à des vlogs, des prestations de talents et de projets sans professionnalisme et encadrement structuré. Et enfin, toujours sous les directives de l’IA, la finale annoncée pour le dimanche 7 juin 2026, 5h , sur ZOOM ! Spectateurs en débardeurs, penchés sur leur toit de maison, affalés sur leur canapé… pourquoi pas? C’est moderne. C’est Miss World Haïti.

 

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Durant son discours d’ouverture, la responsable Anedie Azaël a confié que l’équipe exécutive des suites de ce concours leur avait accordé un délai vraiment serré et trop court pour élire une miss. Le public entend tout cela. Mais alors la question à un million de gourdes reste entière : si on n’a pas les moyens de faire les choses correctement, pourquoi s’acharner à le faire mal ?

Des pays comme le Burkina Faso ou les Turks-et-Caïcos ont choisi de ne pas participer, par faute d’encadrement des jeunes filles et de non respect des valeurs partagées d’un territoire. Ce n’est pas un échec, c’est de la dignité. Ce n’est pas abandonner, c’est choisir de ne pas se ridiculiser au nom d’un drapeau. Haïti, elle, coûte que coûte y était, et en prime on eut un couronnement réalisé dans une fenêtre pop-up, regardé entre deux réunions Teams.

 

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La gagnante, Marie Kemlyne L. FÉLIX n’est peut-être pas en faute. Elle a fait avec ce qu’on lui a donné. Le problème justement c’est que lui a t-on donné ? Un espace Instagram sur un fond de l’IA.

Haïti a des femmes brillantes, capables de tenir n’importe quelle scène internationale avec grâce et puissance. Elles méritent une organisation à leur hauteur, un vrai concours reflétant le respect dû à leurs compétences. Une Miss World devrait faire lever des drapeaux, pas des sourcils. Elle devrait inspirer, rayonner, porter quelque chose de grand, et pas seulement un projet Instagram connu de quelques milliers d’abonnés.

Sur les réseaux, la frustration grandit, le public à tout vu et il est mécontent. Comment se sentir en sécurité et fier sachant qu’en septembre au Vietnam, le peuple haïtien sera représenté sur la scène internationale par une élue entre deux vlogs, pendant un timing serré, sans encadrement apparent, durant une clôture à distance digne d’un cirque ? Il est aussi demandé de s’inspirer d’elle !

La prochaine fois, si les conditions ne sont pas réunies, le peuple haïtien a une suggestion simple, gratuite, et qui ne nécessite aucune connexion Wi-Fi : abstenez-vous (voici le code de la réunion) !

 

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