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“Yè se jis yon SOUVNI”

Fatima-Souvni
Vous souvenez-vous de ces jours poignants où nos corps se trouvent drainés de toute forme de positivité ? De ces jours apparemment sans fin où l’espoir plie bagages, nous laissant patauger dans un chaos infernal ? Quand Fatima met ces non-dits sur un rythme – Souvni -, c’est un cri de cœur à nul autre pareil qui frappe nos tympans.

La tristesse, nous l’avons tous au moins une fois expérimentée au cours de notre parcours. Un départ, la perte d’un être cher, l’amour qui ne cesse de nous jouer des mauvais tours parfois, la trahison, nombreuses sont les expériences pouvant nous enlever notre joie de vivre. On s’en remet parfois, arborant notre plus fier sourire et laissant le soin à notre cerveau d’oublier le reste. N’est-ce pas la finalité de notre existence ? Survivre. Mais dans d’autres cas, le fiasco émotionnel dans lequel elles nous plongent reste et demeure, peignant nos jours d’un noir d’encre sans aucune lueur d’espoir.

Gen jou m pèdi souri m, pèdi pasyon nan vi m”. Ces jours-là, nous les avons tous vécus. Telle une gradation ascendante, on commence par perdre le sourire, l’envie de se réveiller, la passion de vivre, jusqu’à l’essence même de notre existence. Jeunes ou vieux, personne n’est à l’abri. On voudrait fuir, rencontrer son âme, la supplier de prendre un bon bain pour s’affranchir de ces pensées moroses et rallumer du même coup notre flamme.

En pas moins de trois minutes, Fatima nous livre une description parfaite de ces jours qui font souffrir.

Gen jou m pèdi fòs, kache pou m al kriye. Gen jou m bezwen yon bra pou m apiye. M pa jwenn repons, menm lè m ap priye”.

De quoi en perdre la raison, dirait-on. Quoi de pire que de se sentir seul, perdu au fond d’un gouffre d’idées noires sans espoir que quelqu’un nous tende une perche pour nous en sortir ? Mais au bout du compte, elle glisse l’antidote de manière subtile entre les lignes. “M chante pou m délivre”.

C’est son médicament à elle diriez-vous. Et vous aurez parfaitement raison. Elle chante pour se libérer. Mais n’oubliez pas, à chacun son antidote. Parlez, couchez vos pensées sur une feuille blanche, rencontrez des amis, cueillez chaque étincelle de joie, de bonne humeur que vous pouvez. Faites-le à votre manière tout en gardant à l’esprit les mots de la chanteuse : “Gen jou ki fè soufri, men demen se yon nouvo jou, yè jis yon souvni”.

Avec sa voix unique, son style parfait et ses mots si évocateurs, Fatima a su nous offrir un chef-d’œuvre empreint d’émotions. De celles qu’on vit sans avoir le courage de les extérioriser. De celles qu’on n’a jamais pu trouver les mots pour les exprimer. Alors, fermez vos paupières, calmez-vous, laissez-vous pénétrer par ce texte et cette voix. En somme, vivez ces émotions avec notre belle Fatima. Et n’oubliez pas : “Yè, se jis yon SOUVNI”.

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