Festival Bwa Kayiman : la flamme qui attend de renaître
Après une longue année d’attente, la mémoire du Bois-Caïman s’est vue, une nouvelle fois, être célébrée et commémorée par les chants et les danses d’une nation qui refuse d’oublier son histoire. Le 14 août dernier, sous la chaleur estivale et avec un rythme créole, le Festival Bwa Kayiman a réuni des centaines de personnes au Centre de Convention de l’hôtel El Rancho, ravivant ainsi les souvenirs d’une étape décisive dans le cours de l’histoire haïtienne.
Des branches munies de feuilles déposées scrupuleusement autour des poteaux, le fameuse maison “Kay Manbo Inan” ; du décor jusqu’au visuel, chaque détail était pensé à la lettre et laissait à prévoir un événement d’envergure magistrale.
Le Festival Bwa Kayiman a d’abord débuté avec un panel réunissant des personnalités telles que Stéphanie Sophie Louis, Savannah Savary, Tamara L. N. Saint Fleur, Manbo Lavi Djò, Raymond F. Lerebours, autour des thèmes : “Eritaj – Angajman – Libète”. Une narration de la nuit du 14 août 1791, faite par Savanah Savary, a introduit la conférence avant d’être suivie par d’autres interventions touchant l’importance, l’impact et les devoirs qu’implique une telle cérémonie.

Bien vite, les présentations étaient devenues des discours d’engagement qui incitaient l’assistance à se lever et à prendre son destin en main car, comme l’avait dit Stéphanie Sophie Louis : « Konesans se pouvwa, men la pawòl se zouti ». Ainsi, les riches et chaudes acclamations du public témoignaient de l’efficacité des mots quant à leur habileté à éveiller la conscience et à susciter le passage à l’action.
Entre célébration culturelle et transmission de la mémoire
Après les discours viennent les célébrations. Outre les cris d’allégresse et les chants traditionnels, la seconde partie du festival s’était particulièrement distinguée par son aspect relaxant et festif. Les visages devenaient de plus en plus expressifs et les corps se mouvaient naturellement au rythme de la musique.
Un défilé culturel, le “Defile Milokan” témoignait également de la portée transcendante de l’événement. Rouge, bleu, mauve, noir, tant de couleurs ornaient les silhouettes sculptées des mannequins qui, à travers leurs vêtements, leur démarche et leur expression, représentaient différents loas. Nous ne pouvons pas continuer sans mentionner le fameux spectacle “Jou bare n”.
Dans cette étendue de personnes, la joie était à son apogée et l’histoire était mise en toute première place.

Un héritage qui appelle à l’action
Toutefois, la cérémonie du Bois-Caïman n’était pas uniquement faite d’euphorie, c’était également un événement redoutable. En une nuit, tous les dés se sont vus jetés, et, à travers le Festival Bwa Kayiman, un message a été dûment lancé : si nos ancêtres ont pu briser leurs chaînes, nous aussi, nous pouvons briser le joug du néocolonialisme.
Cette nouvelle édition, aussi festive qu’elle ait été, n’avait pas pour seul but de célébrer l’histoire, elle était également réalisée afin de raviver, au son des tambours et à travers les vibrations créoles, la flamme qui symbolise la souveraineté nationale et qui, très certainement, se tapit au cœur de chaque haïtien, importe peu où il réside dans le monde.
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