Trois trajectoires, une même évidence : la jeunesse haïtienne redéfinit l’excellence

Trois trajectoires, une même évidence : la jeunesse haïtienne redéfinit l’excellence

Dans un contexte souvent dominé par les récits de crise, certaines trajectoires viennent rétablir que la jeunesse haïtienne n’est pas seulement résiliente, elle est créatrice, ambitieuse et capable de s’imposer à l’échelle internationale. Les parcours d’Ariana M. Lafond, d’Abigaïl Alexandre et de Milenchy Carthousia Pierre illustrent, chacun à leur manière, une dynamique d’une génération qui ne subit plus, mais qui agit, construit et transforme.

Ariana M. Lafond incarne cette jeunesse connectée, stratégique et audacieuse. En représentant Haïti à une compétition internationale comme le House of Challenge 2026 au Togo, elle démontre que le numérique est un véritable levier de rayonnement. Sa capacité à mobiliser une audience, à produire du contenu impactant et à s’imposer dans un environnement compétitif témoigne d’une compréhension fine des enjeux contemporains. Occupant actuellement la première place au classement de la compétition ce 6 avril, elle prouve qu’aujourd’hui, un jeune haïtien peut partir de ressources limitées et atteindre une visibilité mondiale, à condition d’allier discipline, constance et vision.

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𝗛𝗢𝗨𝗦𝗘 𝗢𝗙 𝗖𝗛𝗔𝗟𝗟𝗘𝗡𝗚𝗘 𝗝𝗢𝗨𝗥 9 : 𝗣𝗢𝗦𝗜𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗘𝗧 𝗣𝗢𝗜𝗡𝗧𝗦 𝗛𝗔𝗜̈𝗧𝗜 🇭🇹 #TAFIERTESAFFICHEICI #HouseOfChallenge

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À l’opposé des écrans mais au cœur de la parole, Abigaïl Alexandre impose une autre forme de puissance, celle du langage maîtrisé. En remportant le concours Eloquentia le 25 mars dernière, elle rappelle que la parole demeure un instrument fondamental de transformation sociale. Savoir argumenter, convaincre et captiver est une compétence stratégique dans toute société qui aspire à évoluer. Dans un monde saturé d’images, elle redonne toute sa noblesse à l’expression orale et à la pensée structurée. Son parcours ne valorise pas seulement l’intelligence individuelle, mais réhabilite l’éducation comme pilier central du changement.

@belidemagazine

Dans un plaidoyer percutant et maîtrisé, Abigaïl Alexandre a brillamment défendu la position “contre” autour de la question « L’IA creuse-t-elle les inégalités ? », démontrant avec finesse que cette technologie, loin d’être une fatalité, peut devenir un levier d’équité si elle est encadrée avec responsabilité. Par la force de ses arguments et son éloquence remarquable, la jeune originaire de Jacmel a su captiver le jury et marquer les esprits. Son talent lui vaut aujourd’hui un sacre historique : elle devient la première Haïtienne à remporter la finale de ce prestigieux concours international d’éloquence francophone, inscrivant ainsi son nom dans l’histoire et portant haut les couleurs d’Haïti sur la scène mondiale. Vidéo : @bees_ayiti #haitiantiktok🇭🇹 #haiti #BelideMagazine #ayisyentiktok🇭🇹 #eloquentia

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Dans cette même logique d’excellence, Milenchy Carthousia Pierre inscrit son nom dans le champ académique francophone. Étudiante en sociologie à l’Université du Québec à Montréal, elle a remporté le 18 mars 2026 le premier prix d’un concours d’écriture organisé dans le cadre du Mois de la Francophonie, destiné aux étudiant.e.s internationaux. Son texte, « Mon pays, c’est », dépasse l’exercice littéraire : il s’agit d’un acte intellectuel et identitaire. À travers une écriture riche, sensible et rigoureuse, elle propose une réflexion profonde sur l’appartenance, la mémoire et la diaspora. Ce type de distinction, attribué sur la base de critères académiques stricts comme qualité de la langue, l’originalité, la cohérence et la profondeur consacre une véritable maturité intellectuelle.

@milenchy_pierre

Réponse à @𝐇𝐀𝐑𝐑𝐘𝐒𝐎𝐍🇭🇹 M t gen opportunité poum patisipe nan konkou écriture pou etudiants internationaux nan université du Québec à Montréal (UQÀM) ki se université kote map fè études mwen en Sociologie 🌎 lè mwen te fèk wè publication an sou site lekol la, li te kaptivem paske sujet an t antre nan nanm mwen *MON PAYS C’EST…. Lè mwen komanse ekri yon pati nan teks la apresa m lil e m sezi m di <sa vle di c tout bagay sa nap viv Ayiti la >😩 M t kite nanm mwen pale m pat pè rakonte tout sa Ayisyen ap viv fason nou etranje sou pwop teritwa nou ,fason jeune yo ap leve chak jou, ap reve epi kontinye avanse,fason yap rele jeune yo avenir pandan menm prezan yo pa asire e m t pran le soin poum soulinye Ayiti pa selman difikilte ak instabilité yo konn an 👌 gras ak sincerité ki tap degaje ladanl lan, li t arive pran premye prix konkou nan université du Québec à Montréal💙❤️ M t kontan reprezante Haïti E m pat wont deske mwen se yon Haïtienne 🤏🏻✨haitantikthaitantiktok🇭🇹lcheck🇭🇹 #canada_life🇨🇦 #uqam #internationalstudent

♬ son original – 🍫CARTHOUSIA 🍫

Mais l’essentiel n’est pas seulement dans leurs réussites individuelles. Il réside dans leur portée collective. Ces trois jeunes femmes redessinent les contours de la réussite haïtienne. Elles montrent que l’excellence peut s’exprimer dans des domaines variés : le numérique, la parole, et l’écriture, tout en poursuivant un objectif commun d’influencer, d’ inspirer et d’élever. Elles deviennent des repères dans un environnement où les modèles positifs sont indispensables pour structurer les ambitions.

Leur impact est concret. Ariana ouvre la voie à une jeunesse entreprenante, tournée vers le digital et l’innovation. Abigaïl réhabilite la pensée critique et la puissance du discours dans la construction citoyenne. Milenchy, quant à elle, affirme la place des intellectuels haïtiens dans les espaces académiques internationaux. Ensemble, elles démontrent que la transformation d’un pays ne commence pas nécessairement par des réformes structurelles, mais par des individus capables d’exceller et d’influencer leur environnement.

À la jeunesse haïtienne, vous êtes une génération de solutions. Il ne s’agit plus uniquement de rêver ou de survivre, mais de bâtir, d’oser et de s’imposer. La transformation est déjà en marche. La seule inconnue reste le nombre de celles et ceux qui décideront d’y prendre part.

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Nidger F. Judson PAUL

Assistant DG de Bèlide magazine Rédacteur en chef

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