© Photo : Radio-Canada / François Gagnon
Agression sexuelle : 30 mois de prison réclamés contre Luck Mervil
Reconnu coupable d’agression sexuelle en 2025 dans une affaire remontant à l’an 2000, l’auteur du célèbre titre “Renmen Ayiti”, Luck Mervil, fait désormais face à l’étape cruciale de la détermination de sa peine. Lors d’une audience tenue récemment au palais de justice de Rimouski, la poursuite a réclamé une peine de 30 mois de prison ferme contre l’artiste.
Cette demande survient plusieurs mois après que le tribunal ait déclaré Mervil coupable d’avoir agressé sexuellement une jeune femme alors âgée de 19 ans, dans la nuit du 23 au 24 juin 2000, après un spectacle auquel il participait dans la région de Rimouski.
Un témoignage marquant de la victime
Au cours des observations sur la peine, la victime – dont l’identité demeure protégée par une ordonnance judiciaire – a livré une déclaration bouleversante décrivant les conséquences durables de l’agression sur sa vie.
Dans une lettre adressée au tribunal, elle affirme que cette nuit a profondément changé le cours de son existence. Elle explique notamment avoir perdu la personne qu’elle était avant les faits, évoquant des séquelles psychologiques importantes et des difficultés dans ses relations personnelles.
Selon son témoignage, elle avait rencontré le chanteur dans un bar avant de perdre connaissance. Elle affirme s’être réveillée dans une chambre d’hôtel où l’agression aurait eu lieu. Lorsqu’elle aurait repris conscience et exprimé son refus, l’artiste aurait poursuivi les gestes sexuels malgré tout.
Une agression jugée grave par la poursuite
La procureure a soutenu devant le tribunal que l’acte ne pouvait être considéré comme une simple erreur de jugement. Elle estime plutôt que les circonstances démontrent une certaine forme de planification, l’accusé ayant raccompagné la victime vers sa chambre d’hôtel au lieu de la reconduire chez elle.
Pour la poursuite, une peine d’emprisonnement ferme est nécessaire afin d’envoyer un message clair sur la gravité des agressions sexuelles commises contre des victimes vulnérables.
La défense plaide une peine dans la collectivité
De son côté, la défense de Luck Mervil demande au tribunal d’imposer une peine de deux ans moins un jour à purger dans la collectivité plutôt qu’en prison. Concrètement, cela signifie que le chanteur ne serait pas incarcéré, mais qu’il purgerait sa peine à l’extérieur d’un établissement carcéral, sous des conditions strictes fixées par la justice, comme l’assignation à résidence, un couvre-feu, des rencontres régulières avec un agent de probation et le respect d’autres restrictions. Cette formule, utilisée dans le système judiciaire canadien, permet dans certains cas d’éviter une peine de prison ferme lorsque la durée de la peine reste inférieure à deux ans.
À noter que le chanteur avait été reconnu coupable d’exploitation sexuelle d’une adolescente en 2018.
Le juge chargé du dossier doit rendre sa décision sur la peine le 2 avril prochain. Cette étape marquera un tournant important dans une affaire judiciaire qui aura mis plus de deux décennies avant d’aboutir devant les tribunaux.
Source : Radio Canada
