“Ti Minè” : quand l’humour viral flirte dangereusement avec l’inacceptable

“Ti Minè” : quand l’humour viral flirte dangereusement avec l’inacceptable

Depuis quelque temps, l’expression « Ti Minè » circule abondamment sur les réseaux sociaux, en particulier sur TikTok, portée par des créateurs de contenus et des influenceurs qui l’emploient sur un ton présenté comme humoristique ou banal. Cette popularité soudaine semble avoir été amplifiée par la diffusion d’un morceau musical intitulé Ti Minè, contribuant à normaliser une expression pourtant lourde de sens et de conséquences.

Le samedi dernier, dans l’émission Dekonekte diffusée sur la plateforme Real Talk de Chérubin Ésau, une déclaration de l’influenceuse “Boubouline” a ravivé la polémique. Celle-ci a notamment affirmé :

« Gen Ti Minè nan moman an ki vrèman bon […] M poko janm konn si m p ap fè eksperyans ak yon ti minè ».

Ces propos, tenus dans un espace médiatique suivi par un large public, soulèvent une vive inquiétude.

Il est essentiel de rappeler qu’un « mineur » désigne, de manière universelle et juridique, une personne âgée de moins de 18 ans. Toute référence ambiguë, suggestive ou valorisante associée à des mineurs ne peut être prise à la légère. Derrière ce qui est parfois présenté comme une plaisanterie ou une tendance virale se cache un glissement dangereux : la banalisation de discours qui font écho à la pédophilie, une infraction grave et une violence majeure envers les enfants.

Les mots ont un poids, surtout lorsqu’ils sont prononcés par des personnalités influentes disposant d’une forte audience, souvent jeune et impressionnable. Normaliser ce type de langage contribue à brouiller les repères, à affaiblir la vigilance collective et à créer un climat où l’inacceptable peut sembler tolérable. Or, la protection des mineurs doit rester une ligne rouge absolue, non négociable.


À lire aussi : Violences faites aux femmes : le gouvernement annonce la ligne 8919 et le projet « Maison des Femmes »

Dans un contexte où les réseaux sociaux façonnent les comportements et les imaginaires, la responsabilité des créateurs de contenus est immense. L’humour, la provocation ou la recherche de visibilité ne sauraient justifier des propos qui, volontairement ou non, banalisent des réalités criminelles. Les plateformes, les animateurs d’émissions et le public ont également un rôle à jouer en dénonçant ces dérives et en exigeant des standards éthiques clairs.

Parler de « Ti Minè » comme d’un objet de divertissement ou d’expérimentation est profondément choquant et dangereux. Il est urgent de remettre les mots à leur place, de rappeler la loi, mais surtout de réaffirmer une valeur fondamentale : les enfants doivent être protégés, respectés et tenus à l’écart de toute forme de sexualisation ou de discours ambigu. Le silence ou l’indifférence face à ces dérives ne font que renforcer le problème.

Digiqole Ad

Oggi Regis

Fondateur & PDG de Bèlide Magazine | Brand Designer

Related post

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *