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L’inceste, un phénomène sociétal méconnu

Inceste

La série a succès Games Of Thrones en a apporté l’un des exemples les plus parlants à l’écran, et pourtant encore de nos jours, l’inceste est un phénomène dont beaucoup ignorent l’ampleur. Décrit de manière simpliste comme étant l’existence de relations sexuelles entre proches parents, l’inceste entre Cersei et Jaime Lannister n’a semblé choquer grand monde. Est-ce un autre signe de déchéance morale ou un hasard ?

À première vue, cette situation peut paraître comme un fait rare, et pourtant le nombre de personnes concernées est vertigineux. Les chiffres publiés par France 24 en octobre 2022 font effectivement “froid dans le dos” comme ils le disent si bien. Car une personne sur dix a été victime de l’inceste, et pas moins de 160 000 enfants subissent, chaque année, des violences sexuelles incestueuses dans leurs familles. Ce que beaucoup voient comme de simples faits divers sont au contraire des signaux négatifs envoyés par des sociétés où l’inacceptable devient la norme.

Une conséquence du patriarcat

En voyant ce sous-titre, certains se demanderont assurément est-ce qu’il sera possible un jour de compter tous les fléaux qui se sont nourris du patriarcat pour causer encore plus de problèmes dans le monde, mais là n’est n’est pas la question. Ce qui est sur en tout cas, c’est que l’inceste est une énième manifestation de ce système de domination. Au banc des premières victimes, on retrouve le plus souvent des filles qui se sont fait violer par leurs pères. Les garçons aussi sont des victimes, mais dans une moindre mesure. Malheureusement en France, certaines mères ne peuvent pas réclamer justice pour leurs enfants comme elles le devraient, car elles sont accusées d’instrumentaliser l’inceste pour “évincer” leurs maris. Ce discours est caractéristique des sociétés patriarcales, car il protège les hommes qui sont, dans ce cas précis, les bourreaux, tout en pointant d’un doigt stigmatisant le camp des victimes.

L’inceste en Haïti

Si la série de HBO met en scène un frère et une soeur, ici en Haïti dès qu’on parle d’inceste, on utilise de manière instinctive des cousins et cousines comme références. Pourtant, le phénomène va bien au-delà. On ne compte plus ces scandales étouffés pour ne pas “salir” la réputation de certaines familles. Cette tendance à kase fèy kouvri sa cache un phénomène qui sévit de plus en plus, mais dont les faits sont le plus souvent passés sous silence. Parents et enfants, frères et soeurs, cousins et cousines, proches du même sexe…, tous sont des formes que prend l’inceste. Des fois ces relations sexuelles sont voulues, mais d’autres, ce sont carrément des viols.

En ses articles 149 et 150, le code civil haïtien interdit certes le mariage entre “les ascendants et les descendants, les alliés de même lignée”. Mais ne considère pas ce qu’on appelle ras kabrit comme une infraction pénale. Et donc même si une relation incestueuse est prouvée entre deux personnes, elles n’encourent aucune peine d’emprisonnement. C’est peut-être ce qui explique que des personnes ayant découvert des liens de parenté entre elles après mariage, ont quand même décidé de rester ensemble et de fonder une famille. Il reste alors le regard de la société comme châtiment à ceux qui s’adonnent à cette pratique douteuse en toute impunité. Mais est-ce suffisant pour le stopper ?

Le cas des consanguins

La consanguinité est le résultat de reproductions sexuées entre deux proches. Qui dit relations sexuelles dit forcément possibilité de grossesse pour les femmes, et ces enfants qui sont le fruit d’une union entre deux parents sont sujets à de graves problèmes de santé. En effet, selon le National Library of Medicine, un enfant issu de parents consanguins a un risque plus élevé de maladies non transmissibles telles que les cancers, le diabète, les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires chroniques et l’insuffisance rénale chronique.

L’inceste est donc une pratique à éviter, car en plus d’être un acte moralement inacceptable en société, il comporte de grands risques en matière de descendance. Vous tous qui êtes prêts pour ce grand saut tant chanté ces dernières semaines, tâchez d’avoir un maximum d’informations sur ce menaj potentiel car ici nous avons eu notre lot de “ras kabrit”.

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