Santé

La Operada (l’Opérée), de kystes à une tumeur

FEE
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C’est le témoignage d’une jeune femme qui s’est faite opérer deux fois de suite ; en Haïti, ensuite en République Dominicaine, pour deux kystes ; l’Opérée : “Je ne suis pas une chanceuse, je suis une survivante et une bénie”.

FEE

Lorsque j’étais en Haïti, suite à une douleur atroce que je ressentais, pas pour la première fois, mais qui, ce jour, allait au-delà des douleurs habituelles, j’ai pris mon téléphone, j’ai appelé ma mère qui se trouvait déjà à l’hôpital et le même jour, elle a fait tout ce qu’elle pouvait pour que je puisse rencontrer le docteur.  A mon arrivée, ils ont mis quelque chose sur mon ventre et ils ont dit que j’avais deux (2) kystes dont l’un mesurant trois (3) centimètres (cm) et l’autre, cinq (5) centimètres (cm). Je devrais donc, selon le docteur, subir une opération d’urgence.

Entre les analyses et les rendez-vous, les jours passèrent et les kystes grossissaient ; le premier passait de trois (3) cm à quatre (4) cm et le second passait de cinq (5) cm à sept (7) cm ; ils grossissaient tellement vite…

Enfin arrive le jour de la « délivrance ». D’un air courageux, je me suis dit : « c’est l’heure ». Selon mes proches, l’opération n’a pas duré plus une heure et tout s’est bien passé et au bout d’une semaine j’étais déjà chez moi, j’ai cicatrisé très vite ; je m’en réjouissais de ne plus avoir de douleur et me voilà enfin hors de cet enfer.

Deux semaines et quelques jours après mon intervention je me suis rendu en République Dominicaine avec ma famille et c’est effectivement ce jour qu’on allait fermer la frontière à cause du COVID-19. Et si je vous dis que si j’avais même une minute de retard et qu’on avait fermé cette frontière, je ne serais sûrement pas de ce monde aujourd’hui ? Les douleurs vous savez !? Alors, oui, il parait que, les jours précédents, j’étais bien loin du compte ; moi qui pensait que j’étais finalement sortie de cet enfer.

En effet, ces douleurs persistaient, surtout lors de mes menstruations et ensuite même en dehors. Je n’arrivais plus à dormir le soir ; le matin je devais prendre un calmant qui allégera les douleurs pour pouvoir passer ma journée. Je disais que c’était, peut-être, à cause des calculs rénaux parce le docteur avait aussi dit que j’en avais, vous y croyez !? Des kystes associés à des calculs rénaux ?! Arriva un moment, je ne pouvais plus ni me tenir debout pour longtemps, ni m’asseoir ; mon lit était devenu mon meilleur ami, je ne pouvais expliquer à personne ce que je ressentais vraiment puisque même moi, j’en avais aucune idée. Ma mère avait donc décidé de m’emmener à l’hôpital. A la première consultation le docteur, qui était une femme, disait : “demoiselle, vous avez deux (2) kystes hémorragiques et fragiles : l’un de 5x4cm, l’autre de 12x8cm et une endométriose 29mm”. A ces mots, j’étais confuse et je lui ai fait savoir que je me suis déjà faite opérer il y a seulement six mois en Haïti. Vous savez ce qu’elle m’a dit ? « Je ne sais pas ce qu’ils ont fait. C’est tout sauf une opération ».

Endometriose
l’endometriose

Ils étaient plusieurs sur mon cas parmi eux le docteur Maria qui m’aimait comme si j’étais sa fille. Analyses après analyses, ils ont envoyé mon dossier dans un autre hôpital pour une autre consultation et ils m’ont dit qu’ils n’ont jamais assisté à un cas pareil. Je commençais à avoir peur, ils hésitent à l’idée de me faire opérer. Une réunion était de mise, ils ne voulaient toujours pas m’opérer mais le docteur Maria a insisté et ils ont fini par accepter.

Alors, seulement six mois après ma première intervention alors qu’on m’avait donné exactement six mois de récupération, je me préparais donc à subir une autre intervention. Pendant ce temps, les malaises, les douleurs ne s’abstenait guerre malgré les calmants qu’on m’avait prescrits. Je ne pouvais plus manger la viande rouge ou même ne plus pouvoir manger, les odeurs, les goûts, tout me donnait l’envie de vomir, j’avais la nausée, mon ventre grossissait ; tous les symptômes d’une femme enceinte faisaient surface ; je suis donc allé voir le docteur qui disait que ma matrice était occupé, la taille de l’endométriose était de la taille d’un bébé de quatre mois et je ne pouvais même plus descendre de mon lit sans l’aide de quelqu’un, je ne pouvais plus étirer mes pieds, le jour approchait mais on attentais encore les résultats et aussi le test de COVID-19 puisque pas de test de COVID pas d’intervention.

Je devais donc être opérée le Mardi ; la nuit du Dimanche, j’étais comme paralysée, je sentais que mon ventre allait éclater, mes pieds ne bougeait plus, les douleurs, n’en parlons même pas ! Vers neuf heures du soir, j’ai contacté mon docteur toujours à ma disposition lui disant que je n’en peux plus, même si je sais qu’il pouvait pas faire grand-chose parce qu’il pleuvait en abondance, il y avait beaucoup de vent ; il voulait m’envoyer une ambulance mais m’a demandé avant si je pouvais attendre demain matin, j’ai doc répondu oui parce que j’étais consciente de la situation et j’avais foi en une nuit de plus. Celle-là nuit a été tellement longue… Enfin le jour résultats des examens finals arriva : Dieu merci, je n’avais pas le COVID.

Le Mardi le 25 Août, je me trouvais donc à l’hôpital pour l’intervention : le docteur est présent et j’ai cru comprend qu’il hésitait encore, il avait peur de mon cas mais le docteur Maria était là, confiante, disant qu’« avec Jésus on va l’opérée, j’ai foi en lui », alors le docteur a proposé d’appeler un autre docteur et ils se sont mis d’accord. J’ai été invité à aller dans la salle, assise pour l’anesthésie. Vint le moment, j’ai su quand ils ont commencé car j’ai ressenti quelque chose j’ai poussé un cri ; ils m’ont encore injecté une dose d’anesthésie en plus et après quelques secondes, je ne savais rien…

Je me suis donc, par la suite, réveillée dans une autre chambre ; j’ai seulement entendu ma mère et ensuite je me suis rendormie et réveillée plus tard dans la soirée et c’est là qu’on m’a dit que j’ai passé six heures et quelques minutes à la salle d’intervention. Oui, je m’en suis sortie, les docteurs s’en plaignaient mais me félicitaient ; ce fut un miracle. Mais j’avais encore des rendez-vous avec le docteur chaque Mardi ; il avait encore peur, ma famille, tous ceux qui m’avaient sous leurs yeux avaient encore peur, « LA OPERADA » tel était mon pseudonyme à chaque rendez-vous et ils m’ont priorisée, j’ignorais pour quelle raison, pourtant les docteurs le savaient, ce n’était pas une simple intervention : je ne me suis pas seulement fais opérer de Kystes ovariens, j’avais bien un kyste mais qui, au fur et à mesure, je précise dans mon ovaire droit avait déjà atteint les 25 cm et qui a pu créer une tumeur et l’autre dans mon ovaire gauche qui n’était pas trop gros mais qui avait un liquide de couleur marron qui, quand bien même, était très dangereux, bien malheureux pour moi ils ont dû enlever mon ovaire droite ainsi que ma trompe droite, ils m’ont laisser une petite parti de l’ovaire gauche qui avec le temps s’est régénéré alors j’ai eu mes règles après deux mois. Ils pensaient aussi m’enlever la matrice mais ils ont fait leur possible pour me la laisser parce que, selon eux, je suis jeune et je n’ai pas encore d’enfant.

La Operada

Pour l’endométriose, c’était plus que délicat et j’aurai à vivre avec parce qu’il n’y a pas encore de traitement possible. Je continuais à avoir des douleurs puisque l’endométriose est encore présente, alors ils m’ont mise sous traitement : piqure et pilule pour empêcher la menstruation parce que l’endométriose grossi avec les règles. Ce ne sera plus jamais pareil mais je vais mieux. Pour la question d’enfanter cela reste à savoir.

Bon voilà, je ne suis ni une figure publique ni une célébrité alors pourquoi choisir de partager une année de ma vie avec des gens que je ne connais pas et qui ne me connaissent pas non plus ? Vous vous posez la question bien sûr. Je voulais le faire, j’y pensais et je pense encore non pas à moi mais à vous, jeunes femmes de mon âge, à qui je ne souhaite qu’il leur arrive ce qui m’est arrivé. Un gyneco ? Oui, j’en avais et c’est bien lui qui m’avait dit que j’ai qu’une petite infection et un calcul rénal puisque mes douleurs ont commencé, il y a très longtemps, j’étais à peine rentrée à l’Université Quisqueya et déjà quatre ans : ce qui veux dire que j’étais malade il y’a longtemps mais les médecins ne m’aidaient pas vraiment, je ne sais pas. Quand j’avais mes règles, je passais la semaine chez moi et l’école était au courant depuis mes études classiques et je faisais quoi ? Je prenais des pilules tous les jours et ça durait au moins six à sept jours, des bouillottes, du thé et du vix : c’était la routine à chaque fois que les Anglais débarquaient ; je ne voyais pas ça comme de la négligence parce qu’on disait que c’était héréditaire, mon dysménorrhée, alors c’était normal pour moi même si je pleurais, les années ont passé comme tel et ça a failli me couté la vie. Alors, j’en parle parce que je ne veux pas restez silencieuse alors que je pense qu’en parler permettra à plusieurs jeunes filles et femmes d’éviter cet enfer.

Ce que j’essaie de vous dire, c’est que si vous ressentez la moindre douleur au niveau de votre bas ventre, consultez votre médecin. Il y a, bien sûr des charlatans mais il y a aussi des compétents. Voyagez s’il le faut mais ne restez pas là à prendre des calmants, faire des bouillottes, du vix, etc. Allez à l’hôpital faites-vous consulter, faites des examens, prenez soin de vous. Dans notre pays, il y a certainement beaucoup de cas comme le mien : des jeunes filles à qui on dit qu’elles ont des kystes ovariens, qui se sont fait opérées et qui ne peuvent plus avoir d’enfants ; j’en suis désolée, je suis bien placée pour vous comprendre. Alors, à vous qui aurez des questions, je suis là pour vous répondre autant que je peux.

Je n’ai pas été chanceuse mais bénie, Dieu m’a donné une autre opportunité alors que la plupart pensais déjà négativement vu mon état. « Comment va-t-elle s’en sortir ? », même les médecins en doutaient mais laissez-moi vous dire j’avais foi, j’y croyais et mes deux genoux ne m’ont pas laisser tomber malgré mes malaises. A ma mère, ma famille, mon copain, mes ami(e)s les plus proches, je ne serai pas vivante aujourd’hui si vous ne faisiez pas partie de ma vie, je vous en remercie et je vous serai éternellement reconnaissante.

J’ai vécu cette année avec courage et espoir, entre le COVID-19 et ma maladie. Ça n’a pas été une année facile pour moi : la dépression, la peur, j’ai dû arrêté mon activité préférée qui est le sport et mes projets avant et après interventions puisque je ne pouvais pas faire grand chose inclus le sexe (rire). Là, je suis à 4 mois de récupération après ma deuxième intervention. Alors, J’espère que mon histoire vous a servi et vous servira à quelque chose et bien plus encore a sauvé une vie, que ce soit une grossesse ou autre. Je me permets de dire que je suis disponible à parler à vous, jeunes filles et femmes qui souffrent d’une maladie similaire et qui voudrait en discuter.

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